Sous ce titre immensément drôle, se cache l’envie d’une réflexion sur le sujet de la burqa, du niqab et autres falbalas.
Je voudrais faire suite au billet de Tony, ainsi qu’à celui de dark39. Je vous conseille d’ailleurs la lecture de ces deux billets.
Pourquoi s’acharne-t-on sur ces habits religieux, et pas sur ceux des chrétiens ? La première chose qui vient à l’esprit, notre esprit en tout cas, est que les citoyens chrétiens ne portent pas d’habit religieux, au pire une croix autour du cou. Chez les chrétiens, ce sont les représentants de l’Église qui portent l’habit, et non le croyant civil. Voilà en partie pourquoi, dans la rue, la burqa dérange. Les chrétiens ne montrent pas leur religion, les musulmanes qui portent cet habit si. Et pour beaucoup cela est vu comme une provocation. Voilà pourquoi on s’y intéresse.
Mais on s’y intéresse peut-être de travers. L’affaire de la femme verbalisée pour conduite en état de niqab est caractéristique. Conduire avec une burqa est dangereux : on ne voit pas clair (c’est pour cette raison que les bandits qui s’échappent des banques en voiture avec un collant sur la tête rentrent souvent dans les murs). Mais conduire avec un niqab (ce qui était le cas dans notre affaire) n’a rien de dangereux, puisque les yeux ne sont pas couverts. C’était donc du zèle de la part de l’agent, et une décision particulièrement idiote. Voilà en quoi les pauvres d’esprits paupérisent le débat.
J’aime me poser la question sur l’interdiction ou non de la burqa sous deux angles : l’angle républicain, et mon angle personnel en tant qu’il est censé permettre une élévation de la qualité de mon esprit.
L’angle républicain, du côté pratique – L’expérience est simple : mettez vous un bandeau mince et aux mailles espacées sur les yeux, et allez marcher dans la rue. Il ne faut pas longtemps pour comprendre que ceci constitue une gêne. C’est indéniable, prétendre le contraire serait de la malhonnêteté. Il est donc, d’un point de vue pratique, idiot de porter la burqa. L’autre problème est l’identification, si je me souviens bien il n’existe que très peu de couleurs autorisées. De ce fait reconnaître une personne dans la rue qui porte la burqa (et dans ce cas le niqab est concerné) est quasi impossible, voire impossible. Il est aussi aisé de se cacher de l’autorité.
L’angle républicain, du côté théorique – Quand je remplie ma déclaration d”impôts, il s’agit d’une déclaration sur l’honneur. Tout repose sur l’honnêteté et la confiance : je me dévoile à l’autorité et elle me fait confiance à priori. La burqa est tout l’inverse, je me cache et me place donc en position de force et de malhonnêteté face à toi, qui me regarde. Souvent les partisans de la burqa placent très haut les valeurs de la République que nous retrouvons dans notre devise : Liberté, Égalité, Fraternité. Et particulièrement la liberté. Mais ces fameuses valeurs dont tout le monde parlent ne se limitent pas à trois mots sans explication : nous sommes les héritiers des Lumières, voilà nos valeurs. Notre liberté chérie repose sur la théorie contractuelle : le contrat social. Des libertés oui, mais pas la liberté absolue de faire que que bon nous semble : le contrat social est la manière de penser l’État comme un contrat entre les hommes par lequel ceux-ci renoncent à une partie de leurs libertés (les droits naturels), en échange de lois garantissant la perpétuation du corps social. Cette première partie de la devise se trouve d’ailleurs encore nuancée par la dernière partie : fraternité. La fraternité qui signifie, entre autres : ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît. Faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir. Ce “bien” est évidement sujet à débat, et je vois d’ici le bien que trouvent les musulmanes à se cacher des autres. Or, il est un bien qui fonde notre société : l’honnêteté. Et si on se cache, nous ne sommes pas honnête. Il est également facile d’éluder l’égalité. Pourquoi les croyantes doivent cacher leurs atouts et pas les croyants ? Je pense sans trop de risque de me tromper, que les femmes aussi ont des désirs. Porter la burqa pose donc un réel problème de conformité face aux valeurs de la République, nonobstant la prise en compte de la liberté. Elle constitue belle et bien une régression, à une situation ante-Lumières.
Mon angle personnel – Je cherche à élever mon esprit, le rendre plus vigoureux. Un esprit fort a besoin de résistance, de peine, de souffrance, d’altérité. D’une manière générale je pense toute tentative d’uniformisation des humains comme étant néfaste, en tant qu’elle permet son contrôle, sa quantification (donc son économie), bloque le processus d’individuation et consume toute motivation. La motivation perdue, c’est l’espèce humaine dans son ensemble qui s’effondre.
Mais voilà le problème : le port de la burqa est une uniformisation des femmes musulmanes, mais une diversification de la société française. Je suis donc enclin à penser que tant que cette burqa reste minoritaire, mais existe, elle est un défi à l’intelligence et permet son élévation. Je veux bien évidement parler de l’intelligence du reste de la société. L’intelligence des musulmanes emburquisées étant plus complexe à saisir : cette burqa peut aussi être un défi pour elles, mais cependant les maintiennent dans ce que Kant nommait la minorité : l’incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui. Autrui prenant ici un sens particulier, car pouvant être également soi même en tant qu’être empreint de préjugés, et/ou empreint de nihilisme ; et pouvant être également traditions.
Il est difficile de trouver des témoignages de femmes portant la burqa, à part pour entendre “je l’ai choisi moi même”, sentence ô combien oublieuse de la vacuité du libre arbitre dans nos sociétés.
En toute honnêteté, lorsque je croise une femme portant la burqa (ce qui arrive de plus en plus souvent), je n’éprouve ni peur, ni peine, ni colère, ni frustration. Simplement un grand étonnement, en me disant quel fardeau, et ne peux m’empêcher de penser à la première des trois métamorphoses de l’esprit, décrite par Nietzsche dans le Zarathoustra. Je me dis que ces femmes sont des chameaux robustes et respectueux, qui ont trop peur de répondre au dragon, de devenir des lions capables de se libérer pour ensuite créer de nouvelles valeurs.
J’ai tendance à penser que l’on ne doit pas interdire les extrêmes, ce qui reviendrait à éluder les questions, inhiber la pensée et renforcer la pensée unique. Interdire, c’est placer un choix et une pensée hors des hommes, leur substituant leur savoir (savoir, savoir-être, savoir-vivre, savoir-faire) et prolétarisant leur pensée : ne pensons plus, il y a des manuels et des modes d’emploi pour ce faire.
La burqa, et burqa pas ? M’interdire la confrontation à ces femmes serait pour moi une privation de mon droit de penser, inhiberait toute réflexion chez ces femmes, et serait un pas de plus vers cette société du mode d’emploi, où les savoirs se perdent et le désir cède la place aux pulsions, ce qui reviendrait à prendre le risque, encore un peu plus, de s’éloigner du côté policé (polis) de la société pour générer des éléments à charge dans le dossier du glissement de la société vers la débilité pure et la barbarie.
Publié par trex58 le 1 mai 2010 à 00:07
Bravo !!! Très beau texte ! Bon, mon gramme d’alcool dans le sang ne me permet pas d’en faire un commentaire très … affuté… mais j’ai adoré. Et je le relirai demain, à jeun. Tony
Publié par trex58 le 1 mai 2010 à 15:23
Falbala : Ornement prétentieux, de mauvais goût.
Niqab : pas dangereux ? Je suis allé voir quelques photos de femmes portant un niqab : le voile peut redescendre de telle sorte qu’il réduit la visibilité sur les côtés. Comme toute réduction de la visibilité d’un conducteur de voiture est néfaste, je considère que le niqab est plus dangereux pour la conduite automobile qu’un vêtement “normal”.
http://www.worldsikhnews.com/23%20July%202008/Image/niqab.jpg
Le niqab et la burqa sont des “vêtements” qui permettent de se cacher et de se perdre dans la foule (une foule de niqabs et de burkas, s’entend !).
Liberté, Égalité, Fraternité : Oui, ces 3 mots sont mal compris, même des français de souche. Ainsi, “Égalité”, au sortir de siècles de despotisme d’une souverain de droit divin, cela voulait dire que tous les homme sont égaux … en droit ! Ce qui signifie qu’on ne juge pas quelqu’un en fonction de ce qu’il est ni en fonction de la “classe” à laquelle il appartient, mais en fonction de ce qu’il a fait. Ainsi, un prêtre pédophile est d’abord un pédophile, avant d’être prêtre.
Les “valeurs” de la République. Notre pays a beaucoup fait pour … éradiquer les différences entre les différentes régions de France, forçant à l’abandon des langues et des costumes, poussant au mélange des sangs par le Service Militaire. L’arrivée d’une population extérieure amenant avec elle ses traditions et coutumes, et ayant parfois bien du mal à s’en libérer pour prendre les traditions du pays, est un problème, car recréant des différences entre les Français. Des différences fondamentales. Rappelons-nous les massacres entre catholiques et protestants français… Les religions poussent l’intolérance jusqu’au sang. La France a toujours eu pour but de réduire les différences, pour augmenter la cohésion et réduire les causes possibles de conflits internes.
Mais, également, niveler les différences, c’est s’appauvrir. Mais ne soyons pas trop pessimistes. De façon naturelle, à cause du climat, de la géographie, des influences des régions voisines, des particularités (agriculture, tourisme, industrie, vieux passé, ville de passage, montagne, des traditions, …), tout concoure à ce que les différences persistent, malgré tous les efforts. Mais, sur un “socle commun”.
Quand je croise une femme portant la burqa ou le niqab, je m’inquiète… Je m’inquiète de la régression qui nous atteint. Déjà que la France est un vieux pays qui a du mal à évoluer, malgré l’apport de sang frais de l’Europe et du monde entier, il me semble bien difficile de pouvoir absorber et fondre en nous tant de personnes aux convictions religieuses si ancrées dans une vision rétrograde de la vie. Oui, j’ai peur. Pas pour moi, mais pour mes enfants, mais pour ce monde qui semble revenir aux folies religieuses passées. Et je suis en colère, de voir l’influence de petites tribus arabes qui imposent leurs idées délirantes sur le monde, grâce à l’argent du pétrole. Et je m’inquiète pour l’avenir de l’Homme…
Interdire ? La France est en République, en Démocratie. Les Démocraties ont tendance aujourd’hui à être gentille, de laisser faire, par respect… de la différence, de l’altérité. Foutaises. Il y a des choses absolument inacceptables, comme l’excision et la folie religieuse. Depuis 1905, la France a séparé la Religion Catholique de l’Etat. L’Etat tolère les religions, si elles se pratiquent en privé. Mais, pour moi, il faut arrêter cette tolérance. Il faudrait passer à une nouvelle étape ayant pour but de favoriser et faire croître … l’Athéisme. Alors, il faut interdire ce qui crée de la souffrance : excision, circoncision, sectes qui enferment, manifestations religieuses dans la sphère publique, … Mais il faut aussi éduquer, à l’Ecole. L’instituteur peut faire aussi bien voire mieux que le curé : expliquer la vie en société, expliquer les mots importants : amitié, amour, etc. qui ne sont pas la propriété exclusive des religions.
La burqa et le niqab sont des “coins” utilisés pour faire pénétrer, peu à peu, la religion dans notre vie. Déjà le jambon est interdit à l’Ecole, déjà il y a des piscines ouvertes seulement aux femmes OU aux hommes, déjà il faut enlever son chapeau en entrant dans une église (pourquoi ?), déjà il “faut” manger du poisson le vendredi, déjà il faut un peu trop respecter la folie des autres et leurs accoutrements qui manifeste leur attachement à un autre monde ou un moyen pour eux de résoudre leur mal-être : mal ici mais mal aussi ailleurs, déjà les religieux (catholique, islam, juif) se glissent partout où ils peuvent pour reconquérir le terrain perdu. Il faut un changement : que la France arrête de se complaire dans le passé catholique passé et qu’elle reconnaisse la folie qui va avec la religion. Mais, bon, ce ne serait pas être “tolérant”. Mais, si on avait été moins tolérant avec Hitler, il n’aura pas détruit l’Europe. Mon constat est claire : globalement, les religions sont un mal pour l’humanité. Reste à les remplacer par autre chose…
Publié par Guillaume le 2 mai 2010 à 13:17
Concernant le niqab, à l’époque de cette affaire, j’étais allé voir sur le net pour trouver des images, et j’avais plutôt vu des niqabs comme celui de gauche sur la photo que tu as posté. Et dans ce cas précis, il ne dérangeait absolument pas.
Mais effectivement, celui que tu me montres pose problème. Du coup on ne pourra jamais savoir, il faudrait voir le niqab que cette personne portait au moment de son contrôle pour pouvoir juger (les vidéos des journaux télévisés ne montrent pas forcément le niqab “impliqué”).
Falbala, oui j’ai précisément choisi ce terme, pour être un peu méchant dès le début, sans que cela ne se voit de trop (peu de gens connaissent le sens du mot).
Pour le reste, je suis d’accord avec toi, ces vêtements sont à éradiquer, mais pas par une loi. Je _veux_ que ça soit les citoyens eux même qui poussent à éradiquer cette chose, pas la loi. Il y a quelques temps j’aurais dit comme toi, mais depuis peu, surtout depuis la lecture du livre de Stiegler sur le réenchantement du monde, je ne le pense plus.
Ce que tu “fais” est bien : du scepticisme actif, et non du scepticisme passif. Mais tu places une partie de la _réalisation_ de cet actif dans l’état, et non en toi. Tu places donc le soin de cultiver le savoir-vivre dans une entité qui t’est extérieure. Tu prolétarises ton savoir-vivre.
Dans ce cas précis, on retombe finalement dans le nihilisme et une sorte de scepticisme actif, mais actif par procuration, ou actif mais pas jusqu’au bout.
Publié par trex58 le 2 mai 2010 à 20:05
Il faut une loi “neutre” : interdire de cacher son visage dans les lieux publics. Et pas une loi qui “stigmatise” encore l’Islam.
Je te recommande de lire “Enfance au féminin” de Taslima Nasreen, pour comprendre comment l’Islam est utilisé par certain pour dominer les autres ou s’enrichir. Une religion ? Juste une prison mentale et un outil de domination des simples d’esprit.
Quant à ton dernier paragraphe… je voudrais une explication de texte ! Please !!
Enfin, dark39 a viré nos derniers commentaires sur “Le Coran”. C’est une honte. Heureusement, j’avais pris soin de copier les miens sur mon Blog. J’ai copié le tien à : http://trex58.wordpress.com/2010/04/01/que-dieu-te-guide-tony-allah-est-grand/
Publié par Guillaume le 20 mai 2010 à 22:24
Désolé, j’avais totalement oublié de répondre, un peu stressé en ce moment, j’oublie des trucs…
Explication de texte… mhm.
“Ce que tu “fais” est bien : du scepticisme actif, et non du scepticisme passif. Mais tu places une partie de la _réalisation_ de cet actif dans l’état, et non en toi. Tu places donc le soin de cultiver le savoir-vivre dans une entité qui t’est extérieure. Tu prolétarises ton savoir-vivre.
Dans ce cas précis, on retombe finalement dans le nihilisme et une sorte de scepticisme actif, mais actif par procuration, ou actif mais pas jusqu’au bout.”
Petit à petit… commençons.
Septique passif, c’est celui qui dit : ouais bof j’y crois pas, à quoi bon ?
Septique actif, c’est celui qui dit : j’en sais rien, essayons !
Ton “essayons”, c’est essayons de virer la burqa. Sauf que l’actif, ce n’est pas toi qui le réalise dans le cas présent, c’est l’état. Voilà l’explication de la phrase d’après.
Du coup ton savoir-vivre t’est en partie subtilisé pour être logé dans l’État.
Le reste de mon paragraphe devrait maintenant couler de source, je pense
Publié par trex58 le 20 mai 2010 à 23:21
Waoww ! Tu es bientôt prêt à écrire une grande oeuvre philosophique, avec une telle maîtrise !
Je plaisante… mais j’ai du mal à comprendre avec tant de mots compliqués et un peu décalés de leur utilisation standard…
Cela me rappelle certains commentaires des auteurs du livre : “Kant et son Kangourou passent les portes du Paradis”, où ils donnent quelques exemples de phrases de philosophes célèbres… phrases parfaitement incompréhensibles !
Bon, après avoir lu “Le Bonheur, désespérément”, de Comte-Sponville, je vois qu’on peut écrire des livres profonds et puissants sur la philosophie avec les mots de tous les jours. Et, ainsi, cela rentre plus profondément dans mon âme… finalement simple.
C’est bien la difficulté : dire la complexité avec des mots simples… Pas facile…
Tony
Publié par gami51 le 21 mai 2010 à 10:41
la burqa n’est pas “un moyen d’uniformiser les femmes mulsulmanes” mais un moyen de les “effacer” tout court tels des fantomes errant dans la rue:.oter leur fémininité en cachant leurs formes,oter leur aspect d’etres humains en cachant tout aspect physique par un tissu sombre et rudimentaire.la religion sert encore et toujours de moyen de rabaisser et de controler les femmes.c un probleme de conception des hommes vis a vis des femmes.de quoi ont ils peur ? qu’on ne me fasse pas croire que le simple voile n’est déja pas un moyen de”punir” les femmes d’en etre(memesi je le tolère mieux).après on dit”mais elles sont consententes,c leur décision” bien sur après un endoctrinement(vieux de plusieurs siècles) et qui commence dès leur naissance…et les concepts tels que” ca permet à l’homme de ne pas etre tenté”"il faut etre dévouée qu’a son homme”ben voyons! et l’homme trouve son salut dans la polygamie!certains diront que je stigmatise mais j’ai l’habitude d’appeler “un chat….”et arretons d’etre hypocrites la burqua m’aurait – dérangée si elle était au ssi porter par les hommes et je pense que le débat aurait été autre.
Publié par Guillaume le 21 mai 2010 à 19:10
Pouarf
Tu sais, ils ne sont pas décalés de leur utilisation standard, en lisant la définition de chaque mot, tout est clair. Et puis les termes utilisés ne sont pas de mon invention, je tire ça de mes lectures tout bêtement (et pas de Nietzsche je précise :p).
Si on tire une phrase compliquée de son contexte, s’est évidement incompréhensible. Récemment j’ai lu un livre de Steigler (j’en avais déjà parlé je crois), si on prend des paragraphes au hasard, ça n’a franchement pas beaucoup de sens, on a l’impression qu’il masturbe son cerveau. Sauf que si on lit le livre correctement, ça devient bon. Et après une seconde relecture, on se dit que c’est finalement génial et limpide, et que si on utilisait des mots simples, il faudrait 4 ou 5 livres pour dire la même chose.
Je suis persuadé que c’est un peu la même chose pour les livres de Françoise Héritier que tu as lu. L’ethnologie utilise des termes spécifiques, qui ont des définitions. Si on prend une phrase au hasard contenant ces termes, sans les définitions on ne pige rien. Alors que, pourtant, cette phrase est limpide. Vois tu ?
Je suis plutôt d’accord avec toi, mais après ça dépend à qui on s’adresse et ce qu’on cherche. Si on veut un truc didactique, les termes complexes/profonds sont à proscrire. Par contre si on est plutôt dans la “recherche”, les termes trop simples sont à proscrire, parce qu’on risque trop de paraphraser et de tourner en rond pendant des heures pour dire peu au final. Faire du Flaubert quoi
Publié par trex58 le 22 mai 2010 à 14:39
Oui, tu as raison.
Entre spécialistes, il faut un vocabulaire précis et puissant, pour aller au plus vite, au plus près de ce qu’on veut approfondir, à condition de parfaitement partager le même vocabulaire… ce dont je doute. Car, déjà, pour des mots simples et de la vie courante (voir une discussion sur la différence fondamentale entre Solidarité et Générosité : désintéressement), j’ai vu que les gens ont une vision souvent décalé de leur “champ sémantique”. L’exemple le plus clair concerne les Maths : ainsi, Perelman a, en 39 pages, démontré la conjecture de Poincarré ; et il aura fallu des mois pour que d’autres comprennent et vérifient.
Mais, pour les non-spécialistes, il faut revenir à un vocabulaire plus simple, même si bien sûr cela rallonge le texte.
Alors, ici, sur ce Blog, fais simple, STP !
Publié par Guillaume le 26 mai 2010 à 12:58
Ok je vais essayer…
Mais franchement je ne pensais pas que c’était compliqué. À la limite, je tâcherais d’expliquer tous les points qui pourraient éventuellement poser problème. Ça sera plus long, mais au moins on parlera de la même chose !
Publié par Guillaume le 21 mai 2010 à 19:27
Tout à fait Toni (gami51)(on se retrouve donc avec deux Ton.y|i :p) !
Bon par contre, l’uniformisation efface. Si elles portaient toutes des uniformes qui ne cache rien mais qui sont tous identiques, le résultat serait semblable en fait. Mais effectivement dans le cas de la burqa, c’est évident
Par contre c’est dommage, tout ce que tu dis, on aurait du le voir dans les débats, à la télé, dans la presse. Et pourtant on en parle finalement pas, on survole le truc… Et là avec cette loi, le débat est clos. Alors qu’il reste encore beaucoup de gens qui n’ont même pas compris ça… :/
Publié par trex58 le 22 mai 2010 à 14:46
Dans un supplément du Monde2, que j’ai trop rapidement survolé, il y avait un article sur la Burqa. Une femme exprimait comment son sentiment d’être en sécurité augmentait au fur et à mesure qu’elle passait de vêtements normaux à la Burqa, en passant par les différentes étapes de camouflage de ses formes.
C’est le même phénomène que l’anorexie mentale, il me semble : une vision déformée du monde et le besoin obsessionnelle de se transformer (maigrir ou se cacher) pour se sentir “bien”. Reste, pour la burqa, comme pour l’anorexie mentale, quelles sont les causes à ce besoin. Car, s’il y a bien des femmes qui s’imposent la burqa sans pression, c’est parce qu’elles sont mal dans leur peau. La cause ? Attouchements ou viol dans l’enfance ? Difficulté à accepter, au passage à l’adolescence, de ce corps asexué d’enfant à ce corps qui a des “formes” ? Mal-être face au regard déshabillant des hommes ? Obsession de ne se “donner” (sexualité mais aussi “formes”) qu’à un seul homme ? Incapacité à se voir comme un être humain indépendant et autonome, assumant sa sexualité et l’attirance naturelle que les formes d’une femme a sur les hommes ? Bref, il faudrait entendre des gens sérieux sur ce sujet : philosophes, psychologue, ethnologue, psychiatres, etc.
Publié par Guillaume le 26 mai 2010 à 13:03
Gens sérieux ?
Si par sérieux t’entends qui ont fait les études qui correspondent à leur titre, on est mal barré
En revanche oui, si _plusieurs_ psys pouvaient analyser ces femmes, et en faire des observations, ça serait le top. Le reste ne serait que conjecture.
Ton idée de rapprochement de la burqa avec l’anorexie mentale est excellente, je trouve qu’il faudrait creuser dans cette voie !
Publié par trex58 le 26 mai 2010 à 20:12
“sérieux” : des personnes qui ont longuement pratiqué leur spécialité, et qui ont une vue large et profonde à la fois. Bref, des humanistes. Et pas des rigolos comme moi !
burqa et anorexie mentale : ne pas se voir telle qu’on est ? ne pas accepter ce qu’on est ? être obséder par un but pour être en territoire sécurisant (poids idéal très bas, ou ne rien montrer…). Il faut quelqu’un de “sérieux” pour vérifier si l’idée est bonne.
Publié par Guillaume le 26 mai 2010 à 21:49
D’accord avec toi, par contre je n’inclurais pas philosophe. Philologue ok.
Publié par trex58 le 26 mai 2010 à 21:57
Philologue-Philosophe, comme Nietzsche !
Publié par gami51 le 21 mai 2010 à 20:52
tu connais ta belle soeur,elle ne supporte pas la soumission faite au femmes.je trouve qu’a la télé il y a trop d’hypôcrites .mais on édulcore les propos pour éviter de passer pour des racistes,anti sémites,…
Publié par Guillaume le 21 mai 2010 à 22:30
Ah c’est Maggy ? J’hésitais à demander, mais vu que c’était l’adresse email de Toni…
Oui, c’est bien pour ça qu’on ne peut presque plus rien entendre d’intéressant à la télé, même dans les émissions tardives (sauf en de rares cas, super courts).
Du coup pour le moment les livres sont à peu près la seule source malheureusement :/